Je reçois des témoignages de créateurs, comme moi confrontés à la logique implacable de l' "Administration".
Il ne s'agit pas seulement des services de l'Etat, mais, à tous niveaux, des interlocuteurs vers lesquels on est appelé à se tourner lorsque, son projet sous le bras, on fait la "tournée des popotes" pour découvrir, au fil des démarches, des indications de l'un ou l'autre, des bons plans et des plans foireux, cette jungle inextricable.
Des exemples, des exemples, allez, pour le fun...
Bon, d'accord.
J'ai vu un dossier dont le passage en commission allait être repoussé de 2 mois, parce que la personne qui l'instruisait n'avait pas bien lu un devis de prestation... ni que sur chaque mail figurait un numéro de téléphone portable, Il suffisait de décrocher pour avoir le renseignement !... Simple, comme un coup de fil ?
2 mois, c'est long quand on porte un projet.
"Désolé, on ne peut quand même pas appeler tout le monde"...
J'ai vu un créateur, artiste, demandeur d'emploi installé avec le statut d'auto-entrepreneur (tiens, il faudra que je fasse une petite page là-dessus, moi...), ne pas pouvoir être accompagné, parcequ'il n'est pas répertorié comme "artisan"...
"Désolé, vous ne remplissez pas les critères".
Quant au projet de remorque qui nous occupe, j'ai sollicité pas mal de "Missions Handicap" au sein de grands groupes et de fondations. Chacun d'entre eux s'en tient, tout naturellement, et ceci n'est en rien une critique, à un certain nombre de "critères" : Objet de l'action, public concerné, accompagnement d'un salarié du groupe, etc...
Là non plus, "je ne remplis pas les critères".
Quelle est donc cette société dans laquelle la forme prend le pas sur le fond ?
J'ai voulu jouer la transparence en créant une SARL. On me rétorque que cette entreprise "est à but lucratif".
Heureusement !
Car quelle démarche est la plus saine :
Espérer - un jour ! - gagner de l'argent, qui sera réinvesti, créera des emplois, de façon pérenne,
ou
Créer une association donc le but serait "d'encourager l'émergence d'initiatives liées à la valorisation du savoir-faire local dans le domaine du handicap" bla bla bla bla bla bla....
Auquel cas, le même projet serait éligible aux fondations, mécennats, financements diverses...
jusqu'à devoir, en cas de remise en question, abandonner les actions et leurs salariés.
Les fonds publics (ou assimilés, s'agissant de fonds dont l'attribution, bien que d'origine privée, est soumise à validation de l'Etat) auraient toujours dû servir à atteindre l'autonomie et la pérennité de l'action, quelle que soit la nature de la structure porteuse.
Question : Combien d'argent confié par l'Etat ou les collectivités locales a ainsi été saupoudré, pour des actions d'un an, de 18 mois, et avec quels résultats à 3 ou 5 ans ?
Alors aujourd'hui, excès inverse :
Les restrictions budgétaires mises en place actuellement vont pénaliser tout le monde, les bons comme les mauvais élèves. On tire dans le tas ! Et en fermant les yeux...
C'est ainsi que les entreprises qui embauchent des travailleurs handicapés voient les aides réduites depuis le 1er Juillet, sous prétexte que les fonds de l'AGEFIPH, alimentée par les contributions des entreprises taxées diminuent, du fait d'un effort d'embauches de ces entreprises (de plus de 20 salariés).
Ha oui, donc le chômage des travailleurs handicapés diminue, formidable !
Ils vont être contents de l'apprendre !
Et les aides incitatives, qui auraient été bien utiles aussi aux petites entreprises, celles qui font l'effort d'embaucher des TH non pas pour éviter une taxe à laquelle elles ne sont pas soumises, mais pour s'adjoindre des compétences en faisant oeuvre citoyenne, sont réduites pour elles aussi...
Désolés, vous ne correspondez pas aux critères !
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